Pinel, LMNP et Denormandie : le comparatif chiffré pour défiscaliser sans se tromper en 2024

Immeuble résidentiel moderne symbolisant l'investissement locatif en défiscalisation

La fin du dispositif Pinel au 31 décembre 2024 a rebattu les cartes de la défiscalisation immobilière. Entre le Pinel sur sa dernière ligne droite, le LMNP au régime réel qui s’impose comme référence, et le Denormandie qui prend le relais dans l’ancien à rénover, le choix n’a rien d’évident. Chacun de ces trois dispositifs répond à une logique fiscale différente, vise un profil d’investisseur précis, et produit des résultats très contrastés sur un budget identique.

Ce comparatif croise les chiffres, les conditions légales et les simulations réelles pour aider à décider en connaissance de cause. Pas de langue de bois, pas de promesse de promoteur : juste les faits, leurs implications, et un tableau de décision par profil à la fin.

Panorama 2024 : que reste-t-il des grands dispositifs de défiscalisation ?

Le paysage fiscal immobilier français a changé de visage en 2024. Trois familles d’outils coexistent : les réductions d’impôt (Pinel jusqu’au 31 décembre 2024, Denormandie, Malraux, Loc’Avantages), les mécanismes de déduction ou d’amortissement (LMNP au régime réel, déficit foncier), et les dispositifs patrimoniaux (Monuments Historiques). Seuls les trois premiers touchent le gros des investisseurs particuliers.

Le Pinel, né en 2014, s’éteint à la fin de cette année. Les taux de réduction ont fondu au fil des lois de finances : passés de 12% à 9% pour un engagement de 6 ans, de 18% à 12% pour 9 ans, de 21% à 14% pour 12 ans. Le « Pinel+ », censé maintenir les taux historiques, imposait en contrepartie des normes environnementales et des surfaces minimales qui faisaient grimper le prix au mètre carré au-delà du seuil de rentabilité.

Le Denormandie joue la carte de la continuité, version ancien. Prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, il reprend les taux du Pinel historique (12%, 18%, 21%) mais pour des biens à rénover dans environ 244 communes labellisées Action Cœur de Ville ou sous convention ORT (Opération de Revitalisation du Territoire).

Le LMNP, lui, n’est pas à proprement parler un dispositif de défiscalisation mais un statut fiscal. Son régime réel permet d’amortir la valeur du bien et du mobilier, ce qui annule l’impôt sur les loyers encaissés pendant 10 à 15 ans dans la plupart des cas. Ce statut, encadré par l’article 39C du Code général des impôts pour l’amortissement et les articles 155 IV et 151 septies pour les plafonds, reste stable malgré la réforme de 2025 sur la réintégration des amortissements à la revente.

Pinel : dernière année d’un dispositif en fin de vie

Le Pinel repose sur l’article 199 novovicies du CGI. Le principe tient en une phrase : une réduction d’impôt en échange d’un engagement de location à loyer plafonné, pendant 6, 9 ou 12 ans, dans un logement neuf ou en VEFA situé en zones A bis, A ou B1.

Les conditions sont cadenassées. Le prix d’achat est plafonné à 300 000 € par an et 5 500 €/m², la surface habitable du bien plus la moitié des annexes jusqu’à 8 m². Les loyers suivent un barème par zone (environ 10,93 €/m² en zone B1 en 2024, 13,56 €/m² en zone A bis), avec un coefficient multiplicateur dépendant de la surface utile. Le locataire doit respecter un plafond de ressources.

Sur le papier, un Pinel à 200 000 € engagé 9 ans en 2024 rapporte 12% de réduction d’impôt, soit 24 000 € étalés sur 9 ans, ou 2 666 € par an. Dans les faits, ce cadeau fiscal sert surtout à absorber le surcoût du neuf. Les promoteurs intègrent la carotte fiscale dans leurs prix de vente : un T2 neuf en zone B1 se vend couramment 5 000 €/m² quand l’ancien rénové à deux rues se négocie à 3 200 €/m².

L’effort d’épargne mensuel d’un tel montage, tous frais compris (crédit, taxe foncière, gestion, copropriété, charges), se situe entre 450 et 630 € à sortir de sa poche. À la revente, les appartements Pinel issus d’un même programme arrivent sur le marché au même moment, ce qui pèse sur les prix. La moins-value est statistiquement fréquente.

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Faut-il encore signer un Pinel en décembre 2024 ? Oui, dans un seul cas précis : contribuable avec plus de 5 000 € d’impôt annuel, pas de temps à consacrer à un montage, besoin d’un achat clé en main, et acceptation d’un effort d’épargne élevé. Hors de ce cadre, les autres options dominent.

LMNP au régime réel : l'amortissement comme moteur silencieux

LMNP au régime réel : l’amortissement comme moteur silencieux

Le statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) s’applique dès lors que les recettes locatives meublées restent sous 23 000 € par an ou représentent moins de 50% des revenus du foyer. Passé ces seuils, on bascule en LMP (Loueur en Meublé Professionnel), avec un régime social et fiscal différent.

Le régime réel du LMNP rompt avec la logique de réduction d’impôt. Ici, pas de cadeau affiché. L’avantage se cache dans la comptabilité. Les loyers sont déclarés en BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), catégorie qui autorise la déduction des charges réelles et, surtout, l’amortissement comptable du bien selon la méthode par composants.

Le principe : on éclate la valeur du bien (hors terrain, non amortissable, représentant environ 15% du prix) en composants dotés chacun de leur durée d’amortissement. Gros œuvre sur 40 à 60 ans, toiture sur 20 à 30 ans, façade sur 25 à 30 ans, électricité et plomberie sur 15 à 20 ans, agencements sur 10 à 15 ans, mobilier sur 5 à 10 ans. Cette charge fictive, additionnée aux intérêts d’emprunt, aux frais de syndic, à la taxe foncière, à la CFE et aux honoraires comptables, dépasse quasi systématiquement les loyers encaissés.

Résultat fiscal : zéro bénéfice imposable pendant 10 à 15 ans, donc zéro impôt sur le revenu et zéro prélèvements sociaux (17,2%) sur des loyers réellement perçus. L’amortissement non consommé se reporte sans limite de durée.

Les plafonds restent larges. Un LMNP encaisse jusqu’à 77 700 € de recettes annuelles au régime réel simplifié (seuil 2024) avant passage au réel normal. Au-delà de 23 000 € ou 50% des revenus du foyer, le basculement en LMP change les règles de plus-value et oblige à cotiser au régime social des indépendants (environ 40% des bénéfices).

La contrepartie du LMNP, c’est la discipline administrative. Il faut s’immatriculer sur le guichet unique INPI dans les 15 jours suivant le début d’activité pour obtenir un numéro SIRET, payer la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) dès la deuxième année (150 à 300 € selon les communes), et produire chaque printemps une liasse fiscale complète (formulaires 2031, 2033-A à 2033-E, puis report en 2042-C-PRO). Un expert-comptable facture 500 à 800 € par an pour ce travail. Les plateformes spécialisées descendent à 49 à 150 € par an pour des cas simples.

Attention à la réforme de 2025. La loi de finances pour 2025 a instauré la réintégration des amortissements immobiliers dans le calcul de la plus-value à la revente (article 84 de la LF 2025). En clair, un bien acheté 200 000 €, amorti de 50 000 € puis revendu 220 000 € produit désormais une plus-value brute de 70 000 € au lieu de 20 000 €. Les amortissements mobilier et ARD (Amortissement Réputé Différé) restent exclus. Les abattements pour durée de détention continuent de s’appliquer : exonération d’impôt sur le revenu après 22 ans, exonération des prélèvements sociaux après 30 ans. Le LMNP reste gagnant, mais moins qu’avant.

Denormandie : rénover l’ancien pour défiscaliser dans les villes moyennes

Le Denormandie est souvent présenté comme le « Pinel de l’ancien ». La comparaison tient sur la structure du dispositif (mêmes taux, même durée d’engagement, même plafond de 300 000 €), mais s’arrête là. L’esprit est opposé : le Denormandie veut réhabiliter le tissu urbain existant, pas alimenter la promotion neuve.

Les règles. Le bien doit être un logement ancien nécessitant des travaux. Le montant des travaux doit représenter au moins 25% du coût total de l’opération (achat + travaux). Les travaux ouvrent trois catégories acceptées : amélioration de la performance énergétique (gain minimum de 20% ou de 30% selon le type de bâtiment), modernisation intérieure (sanitation, cuisine, isolation phonique), création de surface habitable. Le logement doit ensuite être loué nu, à titre de résidence principale, avec les mêmes plafonds de loyer et de ressources que le Pinel en vigueur.

La géographie est contrainte. Seules les communes labellisées Action Cœur de Ville (environ 222 villes identifiées) ou celles ayant signé une convention d’Opération de Revitalisation du Territoire (ORT) sont éligibles. On parle de villes comme Limoges, Mulhouse, Nîmes, Saint-Étienne, Cherbourg, Angoulême ou Châlons-en-Champagne. Les grandes métropoles en tension sont exclues.

Les avantages chiffrés suivent la grille du Pinel historique : 12% sur 6 ans (soit 36 000 € max sur un bien à 300 000 €), 18% sur 9 ans (54 000 € max), 21% sur 12 ans (63 000 € max). La réduction s’applique au coût total (achat + travaux), plafonné à 300 000 € et 5 500 €/m².

Exemple concret. Achat d’un T3 à Limoges pour 120 000 € + 60 000 € de travaux = 180 000 € d’opération. Le ratio travaux atteint 33%, supérieur au seuil de 25% : condition validée. Engagement de 9 ans : 180 000 € × 18% = 32 400 € de réduction, soit 3 600 € par an pendant 9 ans. En parallèle, le loyer suit le marché local (plafonné mais aligné sur la réalité de Limoges), le bien prend de la valeur réelle grâce aux travaux, et la négociation à l’achat reste possible (pas de prix promoteur imposé).

Le Denormandie, prolongé jusqu’au 31 décembre 2027, exige du temps et de l’énergie : trouver le bon bien, sélectionner un artisan RGE pour les travaux énergétiques, piloter le chantier, respecter les délais de mise en location. En contrepartie, il combine réduction d’impôt fiscale, valorisation patrimoniale réelle et loyers cohérents avec le marché. C’est probablement le meilleur compromis « fiscal + rentabilité » pour un investisseur prêt à s’impliquer.

Comparatif chiffré sur 200 000 € : les trois scénarios mis à plat

Rien ne vaut des chiffres concrets pour trancher. Voici trois scénarios construits sur un même budget : 200 000 € financés à 100% sur 20 ans (mensualité crédit de 1 200 € assurance incluse), profil investisseur TMI à 30%, objectif résidence locative.

Scénario Pinel, T2 neuf de 40 m² en zone B1 à 5 000 €/m². Loyer plafonné à 10,93 €/m², soit environ 470 €/mois ou 5 640 €/an. Charges annuelles (taxe foncière, syndic, gestion, assurance) : 1 800 €. Impôt sur les revenus fonciers : environ 1 700 €/an (TMI 30% + PS 17,2% = 47,2%). Réduction Pinel 9 ans à 12% : 2 666 €/an. Bilan annuel net : loyers 5 640 – impôts 1 700 + réduction 2 666 – charges 1 800 – crédit 14 400 = -9 594 €, soit 800 € d’effort d’épargne mensuel. Rentabilité brute : 2,8%.

Scénario LMNP réel, T3 ancien de 65 m² rénové à Limoges, 140 000 € d’achat + 35 000 € de travaux et meubles = 175 000 € (on rajoute 25 000 € de frais et trésorerie). Loyer meublé de marché : 720 €/mois, soit 8 640 €/an. Charges : 2 400 €. Impôt sur les loyers après amortissements : 0 € pendant 10 ans minimum. Comptable : 600 €. Bilan : loyers 8 640 – charges 2 400 – comptable 600 – crédit 14 400 = -8 760 €, soit 730 € d’effort mensuel. Rentabilité brute : 4,3%.

Scénario Denormandie, T3 ancien de 70 m² à Mulhouse, 120 000 € d’achat + 60 000 € de travaux = 180 000 € (plus 20 000 € de frais et équipement). Loyer nu plafonné (zone B1) : environ 600 €/mois, soit 7 200 €/an. Charges : 2 200 €. Impôt sur revenus fonciers : 1 700 €/an. Réduction Denormandie 9 ans à 18% : 3 600 €/an. Bilan annuel net : loyers 7 200 – impôts 1 700 + réduction 3 600 – charges 2 200 – crédit 14 400 = -7 500 €, soit 625 € d’effort mensuel. Rentabilité brute : 3,6%.

IndicateurPinelLMNP réelDenormandie
Prix /m²5 000 €2 700 €2 570 €
Loyer annuel5 640 €8 640 €7 200 €
Impôts sur loyers1 700 €0 €1 700 €
Réduction ou amortissement2 666 €/anAmorti intégral3 600 €/an
Effort mensuel800 €730 €625 €
Rentabilité brute2,8%4,3%3,6%
Durée engagement9 ansAucun9 ans

Le Denormandie sort gagnant sur l’effort d’épargne mensuel grâce au cumul réduction d’impôt + prix d’achat raisonnable. Le LMNP tient la meilleure rentabilité brute et la plus grande souplesse : aucun engagement de durée, on vend quand on veut. Le Pinel ferme la marche sur tous les indicateurs, conséquence directe de la surcote du neuf.

Quel dispositif pour quel profil ? Le tableau de décision

Le bon dispositif n’existe pas dans l’absolu. Il dépend du profil fiscal, du temps disponible, de l’horizon de détention et du goût (ou non) pour les travaux.

ProfilDispositif recommandéPourquoi
TMI 11%, premier investissementLMNP réelSimple, pas besoin d’une forte TMI pour rentabiliser
TMI 30%, pas de temps pour les travauxPinel (si signé avant 31/12/2024)Clé en main, réduction immédiate
TMI 30%, goût pour la rénovationDenormandieCumul fiscal + valorisation du bien
TMI 41%+, horizon longDenormandie + LMNP sur biens séparésMaximise le plafond niches + neutralise les loyers
Recettes locatives existantes > 23 000 €LMNP réelSeul moyen d’éviter la fiscalité BIC punitive
Budget serré (<150 000 €)LMNP réelEntrée accessible, pas de plafond d’achat
Patrimoine à transmettreLMNP en SARL de familleSouplesse successorale + amortissement

Quelques règles de bon sens à poser en préalable. Premièrement, un investissement locatif doit tenir debout sans l’avantage fiscal. Si la rentabilité brute tombe sous 3% avant impact fiscal, le bien est mauvais, peu importe la carotte. Deuxièmement, la défiscalisation ne rattrape jamais un mauvais emplacement. Troisièmement, un dispositif signé n’est pas annulable : six, neuf ou douze ans d’engagement, c’est long, et la vie (mutation professionnelle, divorce, coup dur financier) ne s’ajuste pas aux calendriers fiscaux.

Cumuler plusieurs dispositifs : ce qui marche, ce qui ne marche pas

Cumuler = oui, mais avec des règles strictes. La logique est simple : un bien = un dispositif. Impossible de monter un Pinel et un LMNP sur le même appartement. En revanche, un investisseur peut détenir un Pinel sur le bien A, un LMNP sur le bien B, un Denormandie sur le bien C. Chaque opération suit sa propre mécanique.

Quelques cumuls intéressants à connaître. Le déficit foncier se combine avec Loc’Avantages sur le même bien (unique exception à la règle « un bien = un dispositif »). Le LMNP s’articule très bien avec de l’immobilier classique en nom propre, les deux catégories de revenus étant distinctes fiscalement. Le Malraux et les Monuments Historiques sortent tous deux du plafond des niches fiscales de 10 000 €/an, ce qui permet de les empiler sur d’autres réductions.

Le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 € par an est le garde-fou principal. Y sont soumis : Pinel, Denormandie, Loc’Avantages, crédit d’impôt emploi à domicile, réductions Sofica-FIP-FCPI. En sont exclus : Malraux, Monuments Historiques, déficit foncier (car c’est une déduction, pas une réduction), et LMNP (amortissement comptable, pas avantage fiscal au sens strict).

Cette distinction déduction/réduction est déterminante. Une réduction d’impôt s’applique directement sur l’impôt à payer (1 € de réduction = 1 € d’impôt en moins). Une déduction s’applique sur le revenu imposable (1 € de déduction = 0,30 à 0,45 € d’impôt en moins selon la TMI). La déduction est mathématiquement moins puissante à somme égale, mais elle n’entre pas dans le plafond des 10 000 €, ce qui en fait l’outil des contribuables à forte imposition déjà saturés en réductions.

Les pièges classiques à éviter

Quelques erreurs reviennent dans la plupart des montages mal ficelés. Voici les plus fréquentes.

Acheter pour défiscaliser, pas pour investir. La majorité des contentieux et des déconvenues Pinel viennent de là. Un commercial présente une réduction d’impôt séduisante, l’acheteur signe sans vérifier la rentabilité réelle, l’emplacement ou la qualité du programme. Le Pinel se transforme en gouffre mensuel, la revente se solde par une moins-value. Même risque en Denormandie si le bien est acheté trop cher ou si les travaux dépassent le budget.

Sous-estimer les frais de gestion. Un LMNP demande un expert-comptable ou une plateforme spécialisée. Une location meublée touristique (type Airbnb) ajoute une plateforme de gestion (15-25% des loyers) et une taxe de séjour. Un Denormandie implique un suivi de chantier, parfois un architecte. Ces coûts grignotent la rentabilité.

Mal calibrer les travaux Denormandie. Le seuil de 25% du coût total se respecte au centime près. Une opération à 180 000 € total doit inclure au minimum 45 000 € de travaux éligibles (amélioration énergétique, modernisation, création de surface). Les travaux de simple entretien ne comptent pas. Un devis mal catégorisé peut faire perdre la réduction d’impôt entière après contrôle fiscal.

Oublier la CFE et les cotisations sociales en LMNP. La CFE arrive lors de la deuxième année de location. Elle surprend les investisseurs qui n’ont pas provisionné. Dans certaines communes, elle dépasse 400 €/an. Pour les LMNP qui basculent en LMP par dépassement de seuil, les cotisations sociales URSSAF représentent environ 40% du bénéfice, un choc pour qui n’a pas anticipé.

Négliger la revente. En Pinel, la sortie de l’engagement de 9 ans coïncide souvent avec celle des autres investisseurs du même programme. Résultat : offre massive sur un secteur, prix tirés vers le bas. En LMNP, la réintégration des amortissements depuis 2025 rogne la plus-value nette. En Denormandie, le bien rénové doit trouver acquéreur, et les villes moyennes ont des marchés parfois étroits. L’anticipation de la sortie compte autant que l’entrée.

Transition post-Pinel : que faire de vos investissements en cours ?

Pour les détenteurs d’un Pinel déjà signé, la fin du dispositif ne change rien au contrat en cours : les engagements de 6, 9 ou 12 ans continuent de produire leurs effets jusqu’à leur terme. La réduction d’impôt court. Pas d’inquiétude à court terme.

Le vrai sujet se pose à la fin de l’engagement. Que faire quand l’avantage fiscal s’éteint et que le bien redevient un simple locatif nu, imposé aux revenus fonciers ? Trois options s’ouvrent.

Première option : revendre. Le moment est rarement idéal, car de nombreux propriétaires du même programme arrivent au terme en même temps. Avant de décider, faire estimer le bien par deux agences et comparer au prix d’achat. Si la plus-value est positive, la sortie est envisageable. Si le marché a stagné, patienter peut s’imposer.

Deuxième option : continuer en location nue. Solution la moins intéressante. Les loyers restent imposés à la TMI + 17,2% de prélèvements sociaux sans la compensation de la réduction d’impôt. Rentabilité nette après impôt souvent inférieure à 1,5%.

Troisième option, la plus maligne dans la plupart des cas : basculer en LMNP après la fin de l’engagement Pinel. Dès que l’engagement s’éteint et que le bail en cours se termine, le propriétaire donne congé pour reprise ou attend la fin naturelle du bail, fait quelques travaux de rafraîchissement, meuble le logement conformément au décret du 31 juillet 2015 (loi ALUR : literie, plaques de cuisson, vaisselle, réfrigérateur, luminaires, table et sièges), s’immatricule à l’INPI pour obtenir un SIRET, et relance la location en meublé.

Astuce méconnue mais déterminante : la base d’amortissement LMNP se calcule sur la valeur vénale du bien au jour de la bascule, pas sur le prix d’achat initial. Un Pinel acheté 200 000 € en 2016, valorisé 240 000 € en 2025, ouvre une base amortissable d’environ 204 000 € (240 000 € hors terrain à 15%). Sur une durée d’amortissement moyenne de 30 ans, cela représente près de 6 800 €/an de charge fictive. Cumulée aux intérêts résiduels, aux charges de copro, à la taxe foncière et à la CFE, cette charge annule fiscalement les loyers pendant 8 à 12 ans supplémentaires. La bascule Pinel → LMNP transforme un placement moribond en cash-flow fiscalement optimisé.

FAQ défiscalisation immobilière 2024

Peut-on encore signer un Pinel en 2024 ?

Oui, jusqu’au 31 décembre 2024. Tous les actes notariés signés avant cette date restent éligibles au taux en vigueur (9%, 12% ou 14% selon la durée d’engagement). Après le 31 décembre 2024, aucun nouveau dossier n’ouvre de droit à réduction. Les promoteurs ont multiplié les offres de fin d’année pour écouler les stocks.

Quelle est la vraie différence entre LMNP et Pinel ?

Le Pinel est une location nue avec réduction d’impôt sur le revenu global. Le LMNP est une location meublée avec annulation de l’impôt sur les loyers via l’amortissement. Le Pinel réduit l’impôt que vous auriez payé. Le LMNP fait disparaître celui que génèrent vos loyers. Les deux mécanismes ne se cumulent pas sur le même bien.

Le Denormandie est-il aussi rentable que le Pinel ?

Sur le plan fiscal, les taux sont identiques (12%, 18%, 21%). Sur le plan économique, le Denormandie est souvent plus intéressant : prix d’achat libre (pas de surcote promoteur), loyers au marché dans les villes moyennes, valorisation réelle du bien par les travaux. La contrepartie, c’est le pilotage du chantier.

Puis-je cumuler Denormandie et LMNP ?

Pas sur le même bien. Un bien loué en Denormandie l’est en nu, à titre de résidence principale, avec les plafonds du dispositif. Le LMNP exige une location meublée. Vous pouvez posséder un bien en Denormandie et un autre en LMNP : les deux régimes fiscaux sont indépendants et chacun produit ses effets propres.

Quel est le plafond de défiscalisation annuel ?

Le plafond global des niches fiscales est fixé à 10 000 € par an et par foyer fiscal. Le Pinel, le Denormandie et Loc’Avantages y sont soumis. Le LMNP (amortissement), le déficit foncier, Malraux et les Monuments Historiques en sont exclus. Un foyer qui sature son plafond avec du Pinel ne peut plus ajouter de Denormandie la même année.

Que se passe-t-il en cas de vacance locative ?

En Pinel et Denormandie, la vacance doit rester limitée. Au-delà de 12 mois, l’administration fiscale peut remettre en cause l’avantage si elle estime que l’engagement de location n’est pas respecté. En LMNP, la vacance n’a pas d’impact sur le statut tant que l’activité reste existante (bien meublé, mis en location active).

Le LMNP est-il réservé aux petites surfaces ?

Non. Le LMNP s’applique à tout type de bien meublé : studio étudiant, T2, T3 familial, maison meublée, résidence services. La seule contrainte porte sur le plafond de recettes (77 700 €/an au régime réel simplifié, ou bascule en LMP au-delà de 23 000 € et 50% des revenus du foyer).

Faut-il un comptable pour gérer un LMNP ?

Légalement non, un investisseur peut produire lui-même sa liasse fiscale. En pratique, la complexité du régime réel (amortissement par composants, annexes 2033, suivi des déficits reportables) pousse la plupart des LMNP vers un expert-comptable (500 à 800 €/an) ou une plateforme en ligne spécialisée (49 à 150 €/an pour des cas simples).

La réforme 2025 sur les amortissements LMNP change-t-elle la donne ?

Elle réduit l’avantage à la revente mais ne le supprime pas. Les amortissements pratiqués pendant l’exploitation restent déductibles chaque année (et donc annulent les loyers imposables). La différence se joue à la sortie : la plus-value brute intègre désormais les amortissements pratiqués sur l’immeuble (hors mobilier et ARD). Les abattements pour durée de détention continuent de s’appliquer. Sur un horizon de 20 à 25 ans, le LMNP reste plus avantageux que tous les autres régimes locatifs.

Comment choisir entre Denormandie et LMNP ?

La question revient à opposer une réduction d’impôt immédiate (Denormandie) à une neutralisation fiscale durable (LMNP). Le Denormandie convient à un investisseur qui cherche un gain fiscal visible et est prêt à louer nu avec des plafonds. Le LMNP convient à un investisseur qui veut maximiser le cash-flow net et garder sa liberté de revente. Sur un horizon court (6-9 ans), le Denormandie gagne. Sur un horizon long (15 ans et plus), le LMNP domine.

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