Charges déductibles en LMNP au régime réel : la liste exhaustive pour 2024

Bureau de comptabilite avec documents fiscaux pour la declaration LMNP au regime reel

Le régime réel simplifié change la donne pour un loueur en meublé non professionnel. Là où le micro-BIC se contente d’un abattement forfaitaire de 50 % sur les loyers, le régime réel autorise la déduction de presque toutes les dépenses engagées pour l’activité. Résultat : une majorité de bailleurs LMNP au réel ne paient aucun impôt sur leurs revenus locatifs pendant les huit à dix premières années.

Encore faut-il savoir quoi déduire. Et surtout : comment le justifier face à l’administration fiscale. Cet inventaire reprend, poste par poste, ce qui passe en charge directe, ce qui s’amortit, ce qui ne se déduit jamais, avec les chiffres et les références utiles pour la déclaration 2024 (revenus 2023) et la déclaration 2025 (revenus 2024).

Pourquoi le régime réel reste imbattable pour déduire ses charges

Au régime micro-BIC, l’abattement forfaitaire couvre toutes vos charges en bloc. Vous touchez 18 000 € de loyers ? Vous êtes imposé sur 9 000 € (50 %), peu importe vos dépenses réelles. Aucun retraitement possible.

Au régime réel simplifié, vous déclarez vos loyers bruts, puis vous retranchez vos charges effectives, ligne par ligne, sur le formulaire 2031-SD et son annexe 2033. La différence donne le résultat fiscal BIC : c’est ce résultat qui s’ajoute à vos autres revenus pour l’impôt.

Concrètement, prenons un studio loué meublé à Bordeaux qui rapporte 9 600 € sur l’année. Au micro-BIC, base imposable = 4 800 €. Au réel, en cumulant intérêts d’emprunt (2 100 €), taxe foncière (640 €), copropriété (380 €), assurance PNO (180 €), comptable (450 €), amortissement du bien (3 200 €) et amortissement du mobilier (700 €), on arrive à 7 650 € de charges. Le résultat BIC tombe à 1 950 €. Sur 30 ans de tranche marginale d’imposition à 30 %, l’écart fait des milliers d’euros.

Le seuil micro-BIC reste fixé à 77 700 € de recettes annuelles pour la location meublée classique en 2024. Au-delà, le régime réel devient obligatoire. Pour les meublés de tourisme non classés, la loi anti-Airbnb de novembre 2024 a abaissé le seuil à 15 000 € avec un abattement réduit à 30 %. Ça rebat les cartes pour beaucoup de propriétaires en station ou en zone touristique.

Les charges financières : le poste qui pèse le plus au début

Quand le bien est financé à crédit, les charges financières dominent les premières années du tableau d’amortissement.

Pour approfondir les techniques d’amortissement, découvrez la méthode par composants.

Les intérêts d’emprunt se déduisent intégralement, sans plafond, dès lors que le prêt finance l’acquisition, la construction, l’amélioration ou les réparations du bien meublé. Vérifiez votre tableau d’amortissement bancaire : seuls les intérêts comptent, le capital remboursé n’a jamais été déductible et ne le sera jamais. C’est la première confusion que font les nouveaux bailleurs.

Les frais de dossier bancaire, les frais de garantie (caution Crédit Logement, hypothèque, IPPD) et les frais d’assurance emprunteur passent eux aussi en charges. L’assurance emprunteur reste discutée : techniquement, elle protège la banque et l’emprunteur, pas le bien. Mais l’administration tolère sa déduction lorsque le contrat conditionne le crédit ayant servi à acquérir le logement loué. Faites valider par votre comptable.

Les indemnités de remboursement anticipé (IRA), si vous renégociez ou rachetez votre prêt, sont elles aussi déductibles. Pas négligeable : sur un capital restant dû de 150 000 €, l’IRA atteint vite 4 500 €.

Petit point sur les frais de courtage immobilier : déductibles l’année de leur paiement quand ils n’ont pas été incorporés au prix de revient du bien.

Les charges d'exploitation courantes

Les charges d’exploitation courantes

Ce sont les dépenses qui reviennent chaque année, peu spectaculaires prises une à une, mais qui finissent par peser lourd dans le total.

  • Assurance PNO (propriétaire non occupant) : couvre les risques quand le logement est vide entre deux locataires ou en cas de sinistre non couvert par l’assurance du locataire. Comptez 80 à 250 € par an selon la surface et la localisation.
  • Charges de copropriété non récupérables : honoraires du syndic, entretien des parties communes, ravalement, ascenseur (part propriétaire), assurance multirisque immeuble. Attention à ne pas inclure les charges récupérables auprès du locataire (eau froide, chauffage collectif, ordures ménagères, gardien) que vous facturez en provision : si vous les déduisez côté charges, vous devez aussi les inclure côté recettes.
  • Frais de gestion locative : agence immobilière qui gère les loyers, conciergerie pour la location courte durée, plateforme type Smartloc ou Flatlooker. Le forfait varie de 5 à 12 % des loyers en gestion classique, jusqu’à 25 % en location saisonnière avec ménage et accueil.
  • Frais d’agence pour la mise en location : honoraires versés à une agence pour trouver un locataire, plafonnés par la loi ALUR mais entièrement déductibles côté bailleur.
  • Frais d’annonce : Le Bon Coin, SeLoger, PAP, Logic-Immo, Booking, Airbnb (commission plateforme). Tout passe.
  • Abonnements et consommations : électricité, gaz, eau si non récupérés sur le locataire (cas typique du studio meublé en bail mobilité ou du gîte saisonnier), internet et téléphone si la box est laissée à disposition du locataire.
  • Petites fournitures : produits d’accueil pour la location courte durée, ampoules, piles, produits ménagers. Conservez les tickets, l’administration peut demander les justificatifs.

Réparation, entretien, amélioration : la frontière qui change tout

C’est là que les contrôles fiscaux trouvent le plus de matière. Une dépense de travaux peut suivre trois traitements différents : déduction immédiate en charge, immobilisation et amortissement, ou intégration au prix de revient.

La déduction immédiate s’applique aux travaux de réparation et d’entretien qui maintiennent le bien en état, sans en changer la consistance ni la valeur : repeindre les murs, refaire un joint de salle de bain, remplacer un mitigeur, réparer une chasse d’eau, dépanner la chaudière, changer une serrure, remplacer un volet roulant à l’identique. Limite admise : 600 € HT par bien réparé. Au-delà, l’administration peut requalifier en immobilisation amortissable.

L’amortissement concerne les travaux d’amélioration qui apportent un confort nouveau ou augmentent la durée de vie du bien sans pour autant constituer une reconstruction : installation d’une climatisation, remplacement d’une cuisine équipée par un modèle plus performant, isolation thermique, pompe à chaleur, nouvelle salle d’eau créée ex nihilo. Durée d’amortissement comprise entre 10 et 20 ans selon la nature.

L’intégration au prix de revient vise les travaux d’agrandissement, de surélévation ou de reconstruction. Ils ne sont jamais déductibles ni amortissables séparément : ils augmentent simplement la valeur d’entrée du bien à l’actif.

Cette grille n’a rien de cosmétique. Une véranda à 18 000 € traitée en charge directe vous expose à un redressement avec majoration de 40 %. À l’inverse, une réparation de toiture à 5 200 € que vous auriez immobilisée par excès de prudence vous prive de l’effet fiscal immédiat.

Les taxes et impôts qui se déduisent

Tous les impôts liés au logement et à l’activité passent en charges. Sauf les impôts personnels du bailleur, qui restent à votre charge sans aucun retraitement possible.

TaxeDéductiblePrécision
Taxe foncièreOuiIntégralement, hors part TEOM récupérable
TEOM (ordures ménagères)Oui, part propriétaireLa part locataire est récupérée et donc neutralisée
CFE (cotisation foncière des entreprises)OuiDue dès la première année d’activité, exonération possible la première année civile
CVAEOui si dueConcerne les recettes supérieures à 500 000 €
Taxe de séjourOui pour la location courte duréeMais elle est aussi à reverser à la collectivité
Contribution à l’audiovisuel publicOui si TV mise à dispositionSupprimée en 2022 pour la résidence principale, maintenue pour le meublé professionnel
CSG, CRDSNonImpôts personnels du bailleur
Prélèvements sociaux 17,2 %NonCalculés sur le résultat net BIC, jamais déductibles
Impôt sur le revenuNonÉvidemment

La CFE surprend toujours les nouveaux LMNP. Elle est due dès lors que vous exercez une activité de location meublée à titre habituel, même comme particulier. Le minimum forfaitaire varie de 237 à 564 € selon la commune. La déclaration 1447-C-SD se fait l’année suivant le début d’activité, et l’exonération de la première année civile reste automatique.

Les frais d’acquisition : déduire ou amortir, faites le bon choix

Quand vous achetez un bien pour le mettre en LMNP, vous payez des frais que vous pouvez traiter de deux manières. Le choix se fait une seule fois, à l’ouverture de la comptabilité, et il est définitif pour ce bien.

Option 1 : déduction immédiate l’année d’acquisition. Les frais de notaire (environ 7 à 8 % dans l’ancien, 2 à 3 % dans le neuf), les honoraires d’agence immobilière côté acquéreur, les droits d’enregistrement, les frais de publication au service de la publicité foncière passent en charges l’année du paiement. Avantage : un déficit BIC potentiellement énorme la première année, reportable sur les revenus de location meublée non professionnelle des dix années suivantes.

Option 2 : intégration au prix de revient et amortissement. Vous ajoutez ces frais à la valeur d’entrée du bien. Ils s’amortissent ensuite avec la part bâti, sur la durée d’amortissement retenue (généralement 25 à 30 ans en LMNP, par composants). Avantage : un étalement plus régulier de la charge.

Pour un appartement à 180 000 € avec 14 000 € de frais, l’écart est important. Option 1 : 14 000 € déductibles dès la première année. Option 2 : environ 470 € amortissables par an pendant 30 ans. La quasi-totalité des bailleurs choisissent l’option 1, surtout quand les revenus du foyer dépassent la tranche à 30 %.

La gestion administrative et comptable

Le régime réel implique une comptabilité commerciale. Les coûts associés sont intégralement déductibles.

  • Honoraires d’expert-comptable : 350 à 800 € par an pour un seul bien, davantage si vous en gérez plusieurs ou si vous tenez plusieurs sociétés.
  • Logiciel de comptabilité LMNP : les abonnements à des outils en ligne (Decla.fr, Jedéclaremonmeublé, ComptaCom) coûtent entre 250 et 400 € par an et passent en charge.
  • Adhésion à un OGA (organisme de gestion agréé) : intéressant historiquement pour la majoration de 25 % du résultat fiscal des non-adhérents, supprimée progressivement depuis 2023. Aujourd’hui, l’adhésion devient surtout utile pour la sécurisation comptable.
  • Frais postaux, fournitures de bureau, achat d’un logiciel de gestion locative, formation comptabilité LMNP : tout passe en charges.

À noter : la réduction d’impôt pour frais de tenue de comptabilité, qui couvrait jusqu’à deux tiers des frais (limite 915 € par an), a été supprimée définitivement à compter des revenus 2024 par la loi de finances. C’est une perte sèche pour les petits bailleurs adhérents OGA.

Les déplacements : un poste oublié

Si vous gérez vous-même votre bien, vos déplacements sont déductibles. Pour la voiture, le barème kilométrique 2024 publié par l’administration fiscale s’applique. Exemple pour une 6 CV qui parcourt 4 000 km par an entre votre domicile et le logement loué : indemnité de 4 000 × 0,632 = 2 528 €. Le coefficient 0,632 inclut carburant, entretien, assurance, dépréciation.

Conditions : tenir un cahier de bord avec date, motif, kilomètrès, et conserver les justificatifs (factures de carburant, péages, parking). Les billets de train et de bus se déduisent au réel sur présentation des billets. Idem pour les nuitées si vous devez dormir sur place pour des travaux ou un changement de locataire.

L’amortissement : le levier fiscal le plus puissant

Les charges déductibles classiques ne suffisent pas à expliquer pourquoi tant de bailleurs LMNP ne paient pas d’impôt. Le vrai levier reste l’amortissement, cette charge fictive qui constate la perte de valeur comptable du bien et de son contenu.

L’amortissement se calcule par composants : la valeur du foncier (terrain) n’est jamais amortissable, mais le bâti (gros œuvre, façade, toiture, équipements techniques, agencements) l’est, sur des durées différentes selon les composants : gros œuvre 50 ans, façade et étanchéité 25 ans, équipements techniques 15 ans, agencements 12 à 15 ans. Le mobilier et l’électroménager s’amortissent sur 5 à 10 ans selon la nature.

Sur un appartement à 200 000 € avec 14 000 € de frais et 8 000 € de mobilier, on amortit grosso modo 5 500 € par an pour le bâti et ses composants, plus 1 000 € par an pour le mobilier. Soit 6 500 € de charge fictive supplémentaire chaque année, sans débourser un euro.

Bonne nouvelle pour le déficit BIC : si vos charges réelles créent déjà un déficit, l’amortissement non utilisé n’est pas perdu. Il est mis en réserve, sans limite de durée, et viendra réduire le résultat des années suivantes. Les concurrents oublient souvent ce détail.

Les charges qui ne sont jamais déductibles

Le périmètre du déductible n’est pas extensible. Ces dépenses restent à votre charge personnelle.

  • Le remboursement du capital emprunté : l’erreur la plus fréquente. Seuls les intérêts comptent.
  • Les dépenses personnelles du bailleur : vacances, restaurant, vêtements.
  • Les travaux d’agrandissement, de surélévation, de reconstruction : intégrés au prix de revient, donc amortissables, mais jamais en charge directe.
  • Les acquisitions de terrain nu ou la part terrain dans un achat immobilier : non amortissable, non déductible.
  • Les impôts personnels du bailleur : impôt sur le revenu, prélèvements sociaux, CSG, CRDS, taxe d’habitation pour le bailleur lui-même.
  • Les amendes et pénalités fiscales.
  • Le dépôt de garantie versé par le locataire : ce n’est ni un revenu, ni une charge, c’est une opération de trésorerie.

Le déficit BIC LMNP : un cadeau fiscal méconnu

Quand vos charges déductibles dépassent vos loyers, vous générez un déficit BIC. Les règles ont leur logique propre.

Le déficit issu des charges courantes est imputable uniquement sur les bénéfices BIC non professionnels des dix années suivantes. Pas sur le revenu global, jamais sur les salaires ni sur les autres BIC professionnels. C’est un défaut bien connu du LMNP face au LMP.

Le déficit issu de l’amortissement est plafonné : on ne peut pas créer de déficit grâce aux amortissements. La part d’amortissement non utilisée est reportable sans limite de durée sur les bénéfices futurs de la même activité. Concrètement, vous accumulez un stock d’amortissement à utiliser plus tard, quand vos charges réelles se réduiront (prêt remboursé, par exemple).

Justificatifs : quoi conserver, combien de temps

L’administration fiscale peut contrôler votre déclaration jusqu’à fin de la troisième année suivant celle de la déclaration. Mais le délai monte à dix ans en cas d’activité occulte. Conservez tout pendant au moins dix ans, par sécurité.

À garder : factures originales (ou copies électroniques certifiées), tableau d’amortissement bancaire, attestations d’assurance, taxes (avis de taxe foncière, de CFE), contrats de bail, états des lieux, justificatifs de déplacement, baux des locataires successifs, relevés bancaires du compte dédié si vous en avez un.

Numérisez tout dans un dossier classé par année et par catégorie. En cas de contrôle, l’inspecteur demande généralement les pièces des deux exercices précédents en quelques jours.

Tableau récapitulatif des charges déductibles en LMNP au régime réel 2024

CatégorieDéductibleModePlafond ou condition
Intérêts d’empruntOuiCharge directeAucun plafond
Capital rembourséNon
Frais de dossier bancaireOuiCharge directeAnnée du paiement
Assurance emprunteurOuiCharge directeSi conditionne le prêt
Assurance PNOOuiCharge directe
Charges de copropriétéOuiCharge directeHors récupérables
Taxe foncièreOuiCharge directeHors part TEOM récupérable
CFEOuiCharge directeExonération année 1
CSG, CRDS, prélèvements sociauxNonImpôts personnels
Frais de gestion locativeOuiCharge directe
Frais d’agence (mise en location)OuiCharge directe
Annonces immobilièresOuiCharge directe
Énergie, eau, internetOuiCharge directeSi non récupéré
Petites réparationsOuiCharge directe< 600 € HT
Travaux d’améliorationOuiAmortissement10 à 20 ans
Travaux d’agrandissementNon en chargePrix de revient
Frais de notaireOuiCharge directe ou amortissementChoix unique
Honoraires d’expert-comptableOuiCharge directe
Adhésion OGAOuiCharge directe
Frais kilométriquesOuiCharge directeBarème fiscal 2024
Bâti (hors terrain)OuiAmortissementPar composants
Mobilier, électroménagerOuiAmortissement5 à 10 ans
TerrainNonNon amortissable
Dépôt de garantieNonTrésorerie

FAQ : les questions des bailleurs LMNP au régime réel

Peut-on déduire les frais de notaire en LMNP ?

Oui, mais une seule fois, et il faut choisir entre deux modes. Soit vous les déduisez intégralement l’année d’acquisition (option majoritaire), soit vous les intégrez au prix de revient du bien et ils s’amortissent avec lui sur 25 à 30 ans. Le choix s’effectue à l’ouverture de la comptabilité du bien, et il est irrévocable pour ce logement.

Les charges déductibles sont-elles plafonnées en LMNP ?

Non, aucun plafond de charges en LMNP au régime réel. Vous pouvez déduire jusqu’à concurrence de vos loyers (et même au-delà pour créer un déficit BIC reportable). La seule limite concerne l’amortissement, qui ne peut pas créer ou aggraver un déficit fiscal.

Comment déduire les intérêts d’emprunt en LMNP ?

Sur le formulaire 2033-B, ligne 250, vous reportez le total des intérêts d’emprunt payés dans l’année. Le tableau d’amortissement bancaire de votre banque ventile chaque mensualité entre intérêts (déductibles) et capital (non déductible). Ne confondez pas les deux : c’est l’erreur la plus pénalisée en cas de contrôle.

Le micro-BIC ou le réel : comment trancher ?

Faites le calcul. Si vos charges réelles plus l’amortissement représentent plus de 50 % des loyers (le seuil de l’abattement micro-BIC), passez au réel. Pour un bien financé à crédit récent, ce seuil est presque toujours dépassé dès la première année. À l’inverse, un bien comptant, sans travaux, avec peu de charges peut rester en micro-BIC. L’option pour le réel est valable un an, renouvelable tacitement.

Peut-on déduire les travaux avant la mise en location ?

Oui, à condition d’avoir déclaré la date de début d’activité auprès de l’INPI à la date d’acquisition (ou à la date du début effectif des travaux). Les travaux engagés entre l’achat et la première mise en location entrent dans la comptabilité dès la première liasse fiscale. C’est même un levier souvent utilisé pour générer un déficit BIC reportable dès l’année 1.

Et la taxe d’habitation, est-elle déductible ?

Pour le bailleur, jamais. La taxe d’habitation est due par l’occupant au 1er janvier. Si le bien est vide ce jour-là, vous pouvez en être redevable au titre de la résidence secondaire (cas des meublés saisonniers), mais elle reste une charge personnelle non déductible. Si vous avez un occupant, c’est lui qui la règle.

Comment déclarer ses charges LMNP au régime réel ?

Vous transmettez chaque année une liasse fiscale composée du formulaire 2031-SD (déclaration de résultat) et de ses annexes 2033-A à 2033-G (bilan, compte de résultat, immobilisations, amortissements). Le résultat fiscal calculé sur la 2033-B se reporte ensuite sur votre déclaration 2042-C-PRO ligne 5 NA (LMNP) ou 5 NB (avec adhésion OGA). Date limite : début mai pour la liasse fiscale, mi-mai à début juin pour la 2042 selon votre département.

Un expert-comptable est-il obligatoire en LMNP ?

Pas obligatoire, mais fortement recommandé dès que vous tenez deux biens ou plus. Pour un seul bien, des outils comme Decla.fr ou Jedéclaremonmeublé permettent de gérer la comptabilité en autonomie, à condition d’être à l’aise avec la mécanique des amortissements par composants. Un comptable spécialisé vous coûtera 400 à 700 € par an et déduira son honoraire de votre résultat fiscal.

La nouvelle loi de finances 2025 change-t-elle les charges déductibles ?

Non, pas directement. La réforme adoptée fin 2024 modifie le calcul de la plus-value à la revente : à partir des cessions postérieures au 15 février 2025, les amortissements pratiqués au régime réel sont réintégrés dans le prix d’acquisition pour le calcul de la plus-value. Les charges déductibles annuelles ne sont absolument pas concernées par cette mesure. Le mécanisme du régime réel reste inchangé pour la déclaration de résultat.

Tenir une comptabilité LMNP au régime réel demande un peu de rigueur les premières années. Mais le rendement fiscal de l’opération justifie largement l’effort : sur un investissement type, l’économie d’impôt cumulée sur dix ans dépasse souvent 30 000 €. Et sur les charges déductibles à proprement parler, l’inventaire ci-dessus couvre 95 % des cas. Le reste, c’est de la dentelle que votre comptable saura traiter.

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